Album de famille

Famille Cornu


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Lubudi (1926 - 1933)

Charles Descamps, mon grand-père, partit travailler dès 1926 pour la Cimenkat (Cimenterie du Katanga) à Lubudi. La même année, son épouse Sidonie Godart ainsi que ses deux filles, Christiane (Maman) et Marie-José (la plus jeune des deux), le rejoignirent.

Contrairement à ce qui fut toujours supposé, seule Christiane (10 ans) fut scolarisée en pension à l'Institut Marie-José d' Elisabethville. Marie-José (5 ans), trop jeune encore, se vit dispenser "des leçons" à Lubudi-même. Le voyage de la petite famille avait commencé comme de coutume par la traversée Ostende-Douvres, puis le voyage en train jusque Londres et ensuite Southampton. Une dame, partie rejoindre son mari au Congo, proposa de loger tout ce petit monde à Londres, chez un membre de sa famille, au grand dam de Christiane... Préférant de loin l'originalité du logement à l'hôtel, celle-ci se voit encore sur le quai de la gare, pleurant à chaudes larmes, assise sur les valises.

La traversée de Southampton à Capetown sur un bateau anglais prit les quelques semaines indispensables à cette époque. Le voyage en train de Capetown vers le Congo prit huit jours via Bulawayo et les chutes Victoria en Rhodésie du Sud. Le voyage durant pratiquement un bon mois.

Le 3 novembre 1928 vit le terrible accident qui faillit coûter la vie à plusieurs membres de la famille Descamps-Godart à Lubudi.

Ce jour-là, une locomotive provenant de la cimenterie, transportant des sacs de ciment, roulant tous feux éteints, ayant des freins défaillants et se déplaçant sur un terrain en légère déclivité, ne put éviter la voiture qui s'engageait à ce moment précis sur le passage à niveau.

Sidonie Descamps-Godart, restée prisonnière dans la voiture accidentée, fut grièvement blessée, souffrant de multiples traumatismes. Les fillettes, Christiane et Marie-José, furent éjectées de la voiture et se retrouvèrent le long des voies de chemin de fer, sur le ballast, ne subissant heureusement que de légères contusions.

On fit venir un train spécial d'Elisabethville afin d'évacuer Sidonie Descamps-Godart vers l'hôpital de cette ville où elle fut soignée pendant de longs mois. Durant ce séjour, celle-ci reçut plusieurs fois la visite de la femme du Gouverneur du Katanga, M. Gaston HEENEN, apportant par sa présence un peu de réconfort et de chaleur humaine aux personnes hospitalisées et habitant la brousse.

Pour les deux fillettes, le choc émotionnel fut terrible. Après l'accident, elles furent placées "dans un orphelinat se trouvant à proximité de l'hôpital" où leur mère était soignée. Elles ne se retrouvèrent même pas dans la même chambre, mais bien dans des chambres contiguës sur le mur desquelles les deux soeurs tambourinaient afin de s'assurer de la présence de l'une et de l'autre. Ce fut une période durant laquelle l'émoi et les pleurs furent indescriptibles.

Aussi, aux bout de quelques jours d'intense émotion, les deux fillettes s'échappèrent de l'établissement et s'encoururent, Christiane en tête et à toutes jambes, tandis que Marie-José n'arrivait pas à la suivre, criant et pleurant de détresse. Elles allèrent rejoindre leur maman à l'hôpital où elles la retrouvèrent alitée dans une chambre.

Le hasard fit que, dans la chambre en face de celle-ci, était soigné un certain Monsieur GAGNEUX, originaire de Jemappes en Belgique. L'épouse de ce dernier, comprenant le drame qui était en train de se jouer, et n'ayant pas d'enfant, se proposa d'héberger Christiane et Marie-José durant quelque temps.

Le premier terme s'acheva en 1930 par le voyage de Capetown à Anvers sur un bateau allemand, le s/s Usukuma, toujours précédé de l'inévitable voyage en train d'Elisabethville à Capetown.

L'épisode malheureux décrit ci-dessus n'empêcha pas la famille Descamps-Godart de revenir à Lubudi afin d'y effectuer un second terme de 1930 à 1933.

Le retour à Lubudi (à voir les Chutes de la Kalule), sur un bateau anglais effectuant le voyage de Southampton à Capetown, s'acheva à nouveau par le trajet en train jusque la frontière entre la Rhodésie du Nord et le Congo, par la petite localité de Sakania. A partir de là, le voyage s'acheva sur un train du B.C.K. (Compagnie du Chemin de fer du Bas-Congo au Katanga) via Elisabethville jusque Lubudi.

En septembre 1933, c'est via Lobito, sur le s/s Albertville, qu'eut lieu le voyage de retour définitif, avec arrivée le 10 octobre à Anvers.

La famille habita à Mons durant un certain temps, chez la maman de Sidonie Godart. Tandis que Charles Descamps finit par acheter une fabrique de chaussures rue Louise Michel à La Bouverie (Frameries), grande spécialité de la région... à cette époque.

Sidonie Descamps-Godart ne se remit jamais complètement de ses blessures, effectuant encore des séjours réguliers à l'hôpital. C'est le 18 octobre 1935, à son domicile de la rue Terre à Cailloux à la Bouverie (Frameries), qu'elle décéda, pratiquement sept ans jour pour jour après le terrible accident.

(m-à-j : 22/02/2018)

Lubudi (Katanga, Congo): Josée et Christiane DESCAMPS

Lubudi (Katanga, Congo) années '30: Voiture accidentée (collision avec un train de la cimenterie)

Lubudi - Devant la cuisine extérieure

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo): Famille DESCAMPS-GODARD

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo)

Voyage de retour de Lubudi (Katanga, Congo): Passage de l'Equateur 1933

Christiane, Josée et leur maman Sidonie GODARD

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo): Christiane et Charles Descamps (tennis)

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo): les enfants de Lubudi

Lubudi (Katanga, Congo)

 

Lubudi (Katanga, Congo): Charles Descamps (partie de chasse)

 

Lubudi (Katanga, Congo): Famille Descamps-Godard

Lubudi (Katanga, Congo): Chutes de la Kalule

Lubudi (Katanga, Congo): Communion de Christiane DESCAMPS

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo)

Lubudi (Katanga, Congo)

 

Autres photos de Lubudi
( Collection de Jo MALLEL )
 

Lumière à propos d'un accident...
81 ans plus tard !

Voiture accidentée par un train de la cimenterie
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